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 Une plage enneigée, c'est pas mal paradoxal. [PV Quilava]

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MessageSujet: Une plage enneigée, c'est pas mal paradoxal. [PV Quilava]   Mer 24 Avr - 17:26


L'océan s'étendait à perte de vue.
Oui, l'océan. Un océan gris-bleu, terne mais fascinant à la fois. A chaque mouvement, à chaque avancée de la mer, une vague de sable beige se déposait, s'accumulait à tous ces grains déjà présents sur la plage, comme si la nature en faisait sa collection personnelle, son petit trésor. Les vagues, d'eau cette fois, se mouvaient à un rythme régulier, propre, en propageant leur écume et cet exquis parfum marin dans l'air. Un parfum salé, mystérieux, revigorant. Un parfum dont il m'était impossible de me lasser.

Il pleuvait. Les gouttes d'eau avaient ce petit goût salé que j'apprécie. Le ciel était gris, et pourtant, je n'avais pas froid. En débardeur et en pantalon aux multiples poches, mes cheveux regroupés en une longue tresse, je marchais juste le long de la plage, comme une vieille, nostalgique de ses jeunes années. En même temps, là où j'étais, il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire. Les immeubles étaient vides, tous vides. Symétriques, parfaitement alignés. Cet endroit était parfait. Trop parfait.
Je ne retrouvais pas ce manque de symétrie que j'adore dans la nature, ce bordel ambulant, cette impression de chaleur même dans les temps les plus hostiles. Le bruit même des vagues était affreusement régulier. Et pas du tout comme dans mes souvenirs. La pluie, chaque goutte, tombait avec rythme, et ce monde tout entier semblait être un orchestre naturel. Oh oui, c'était effrayant, mais tellement impressionnant à la fois. Un endroit dénudé de vie, terne et monochrome. Peut-être à l'image d'un recoin de mon esprit. Oui, c'est sans doute la vision que j'ai du monde, et de l'Humanité en général. Avec le sourire, je m'apercevais que je pouvais juger moi-même de mon état d'esprit consternant. Je dois avouer que c'est bizarre comme impression. Une partie de moi-même me trouve ridicule à renier, en quelque sorte, ma propre espèce, tandis que l'autre, moins mature, plus irréfléchie, et surtout, rancunière, a tendance à faire du moindre événement une preuve de la bêtise humaine. Serais-je en train de devenir schizophrène ? Après l'addiction au chocolat, ça ferait de moi un sacré cas médical. Oui, c'est vrai, je suis une adepte de l'auto-dérision, et j'aime me considérer comme une personne absurde. Sans se prendre au sérieux, on finit par avoir une existence plus paisible. Car si chaque instant de solitude est propice à la réflexion pour moi, je fais tout pour que ces pensées ne me montent pas à la tête. C'est comme un virus. Une petite idée, toute simple, puis qui finit par grandir au fil de mes raisonnements, pour enfin devenir une obsession. Lumekaception. N'importe quoi. Je raconte n'importe quoi.

En tout cas, chose étrange, j'avais conscience que je me situais dans un rêve. Est-ce ce qu'on appelle un rêve lucide ? Oh, cool. Et ça veut dire que je peux tout faire, tout changer, créer, effacer, modifier.
Et en un instant, le sable devint blanc, l'eau se teinta d'un bleu clair et transparent. La pluie demeura, mais le ciel s'éclaircit. Adieu les sombres pensées. Les immeubles s'effritèrent, s'effondrèrent dans un fracas assourdissant, à chaque cri que je poussais, et qui se répétait en écho, comme si je me trouvais dans une caverne. Et ça défoule bien. Je me sentais puissante. Et alors que j'allais me giver une épée en acier elfique et faire apparaître des mobs, ce monde utopique s'évanouit, pour me ramener à la réalité.

J'ouvrais les yeux doucement, sur mon plafond couleur café au lait. M'étant encore endormie dans une position zarb', je me remettais droite, et tentait de me remémorer mon rêve. Un rêve que je ne devais surtout pas oublier, et ça, j'en étais consciente. Immédiatement, j'arrachais une feuille d'un cahier quelconque, et je notais en vrac ce qu'il s'était passé. J'ai lu quelque part que lorsqu'un rêve lucide se produit, il faut tout de suite garder en mémoire ce qu'il s'est passé si on souhaite réussir à en refaire un. C'est une expérience assez fantastique, je dois bien l'admettre. Tout était si vrai. Le subconscient est décidément capable de choses incroyables.

Je tournais la tête vers un petit miroir accroché au mur, et éclatais de rire. Ma tignasse rouge, c'est une perle. Chaque matin j'ai une nouvelle coiffure. Aujourd'hui, c'était le mode choucroute emmêlée. Très bien. Je passais trois coups de brosse pour ne pas effrayer les gens, et ouvrait mes volets, m'apercevant qu'il ne faisait pas encore tout à fait jour. Comme d'habitude, mon horloge interne m'obligeait à me lever de bonne heure. Même pas besoin de réveil, je suis trop forte. Je regardais mon capstick, posé sur le bureau. Il était presque sept heure. Eh bah là, c'est fort. Un jour, il faudra m'expliquer pourquoi c'est seulement en week-end et en vacances que je me lève aussi tôt naturellement. Y'a pas un moyen d'activer ça les jours de cours aussi ? Putain de cerveau humain. C'est pas logique, et ça m'étonne pas de moi. En plus, je me suis couchée super tard hier. Plutôt ce matin, pour être exacte. Heureusement que les cernes me plaisent, si j'étais une pimbêche, je sens que mon budget crème anti-cernes serait extrêmement élevé.

Pendant que je vociférais toute seule dans mon coin, Skarmory avait ouvert un œil, perplexe, et me fixait l'air de dire « hé, tu parles toute seule ? ». Je me retournais vers lui, mon pantalon a moitié enfilé et les chaussettes dépareillées.

« - Skarmory, je vais faire un tour dehors, à toi de voir si tu préfères dormir ou pas. »

Le piaf de fer m'observa un instant, se moquant sans doute de la galère que j'avais à retrouver la bonne chaussette, avant de se lever et se s'étirer bruyamment, faisant tomber quelques boîtes de jeux vidéos au passage. Je ne me donnais même plus la peine de lui demander de faire attention. De toute manière c'est déjà le souk ici, c'est pas une ou deux boîtes qui vont changer la donne.
Enfin, je retrouvais ma chaussette. Je m'assis sur mon lit afin de l'enfiler sans tomber comme la dernière fois, posant ma main droite sur la couverture. Cette dernière couina et me mordit avec rage, m'infligeant une douleur non négligeable, avant de foncer dans le placard que j'avais laissé ouvert.

« - LAKSY! »

Pas de réponse. Je supposais qu'il faudrait que je m'en contente. C'est pas tous les jours qu'on croise une couverture carnivore. Les dents de mon Goupix avaient bien poussé, c'est dingue ça. Avant, elle me picotait à peine, et à présent, à chaque morsure une cicatrice demeurait. Aujourd'hui, j'avais même le privilège d'observer mon propre sang former une grosse boule globuleuse sur la marque de dent. Je me rappelle que, quand j'étais plus jeune, je ne pouvais pas m'empêcher de gratter les cicatrices pour le simple plaisir d'enlever ces grosses accumulations de sang, et après ça me faisait bien chier parce que ça saignait encore plus. Parfois, il m'arrive encore de le faire, même si je préfère lécher le sang.

… Bah quoi ? Vous le faites jamais ?

Bref, maintenant que j'étais habillée, j'attachais mon capstick à ma ceinture, et vidais mon sac à dos de toutes mes affaires de cours sur le lit pour le remplir de bouffe à Pokémon, de pokéballs, de chocolat, de soda, et d'autres machins cools et randoms. A ma ceinture, j'ajoutais aussi la pokéball de Creeper, que je n'osais toujours pas sortir parce qu'il fait super peur ce truc. Après avoir croqué un bon coup dans ma barre énergétique au chocolat, j'ouvrais la porte, suivie de mes Pokémons (oui, même Laksy), et je m'aventurais dans les couloirs en prenant soin de refermer l'accès à ma chambre derrière moi.

Une fois dehors, je me doutais bien que je devais être l'une des seules élèves de sortie à cette heure-ci. Je mettais mes écouteurs dans mes oreilles et glissait le baladeur dans ma poche de devant, enfilais ma capuche et ouvrais mon sweat-shirt parce qu'il fait pas si froid que ça finalement. Ma destination était choisie depuis mon réveil : la plage. Si je ne pouvais pas y retourner dans mes rêves, je comptais continuer ma promenade dans la réalité. Il est vrai que j'aime me réfugier dans l'univers des livres et des jeux vidéos, néanmoins, je sais quand il faut profiter des choses que la vie « réelle » a à nous offrir. En plus, cette fois-ci, si j'en ressentais le besoin, j'avais Skarmory pour me faire voler au dessus de l'océan, et Laksy pour éclairer mon chemin.

Oh, et un détail que j'ai omis de préciser : la neige était de la partie. Tout cela annonçait une belle matinée en perspective.
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