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 La petite boite sous la pluie. (Capture)

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MessageSujet: La petite boite sous la pluie. (Capture)   Dim 7 Sep - 17:41








La boite.





Une pluie torrentielle et glaciale battait le sol goudronné de la ville, les rares voitures qui étaient de sortie arrosaient au passage les passants malchanceux, et les quelques êtres vivants qui abordaient courageusement les rues trempées affichaient une expression triste, voir froide et sans vie. La lumière semblait avoir quitté les quartiers d'Edenia, caché sous une épaisse couche de nuage menaçant, qui se déchiraient à coup d'éclair occasionnel. Le printemps, et ses orages qui redonnent vie à la végétation, sont souvent annonciateur des passages de Boréas et Fulguris. Une guerre de son, d'eau et de ténèbres. Voilà de quoi est né, et renaîtra la vie. Sous cet orchestre chaotique, je remonte les rues sur ma bicyclette, affrontant la météo capricieuse et les rues inondé. Pas le temps que je préfère... Mais il y a une certaine beauté à ce spectacle. Une telle démonstration de force, de chaos et de puissance montre à qu'elle point l'homme est faible, petit et insignifiant face à mère nature. À qu'elle point la vie s'accroche à revenir, à prouver sa force après un hiver rude et impitoyable. Quand je regarde ce spectacle, je ne peux qu'être impressionné, et souhaiter le même objectif. Renaître, m'imposer, et être craint comme les tempêtes. Je veux cette force, je la désire d'une envie qui me consume de plus en plus. Je veux atteindre le sommet, et ne plus jamais avoir à craindre qui que ce soit. Chaque être humain doit se battre, avant de pouvoir renaître avec un pouvoir et une force égale à celle d'un dieu, craint et impitoyable.

Roulant à toute vitesse sur l'asphalte humide et éclaboussant à chaque coup de pédale un peu plus de vêtements, je traverse rapidement les rues et les ruelles d'Edénia en direction de l'académie. Une petite course, quelque objet utilitaire et bien sûr un peu de nourriture. Hé oui, même moi je dois manger. Les journées de ce début de printemps avaient été plutôt sombre et obscure, dur transition entre les deux saisons. Le plus clair de mes journées se sont passées dans ma chambre, à regarder la pluie battre les carreaux de mes fenêtres. Même mes pokémons trouvaient le temps long et déprimant, mais ils avaient profité de cette période de baisse de régime pour se reposer. Des journées sombres, monotone. Des journées où l'on se retrouve seul avec soi-même, des journées où l'on pense, on réfléchit. Bien sûr, de temps en temps il faut sortir et se mouiller... Mais entre vous et moi, marcher ou faire du vélo sous la pluie à un côté apaisant...

Cependant, il y a une règle universelle. Stupide, mais bien réelle. Les jours de pluie sont souvent tristes, annonciateur de mauvais présages. Voir de rencontre originale... Pour mon cas, je me retrouvais à devoir stopper ma course devant une petite boîte en carton, déjà complètement trempée, ce qui m'indiquait que cela faisait déjà plusieurs heures que celle-ci avait été abandonné. Je ne suis pas normalement du genre à m'arrêter devant tous les cartons et autres déchets qui croise ma route. Mais il semblerait que celui-ci est attiré mon attention, car en effet, cette boite qui semblait simple et sans intérêt, tremblait, voir émettait de petits bruis, comme de faible appelle à l'aide.

La pluie battais mon visage tandis que je descendais de mon vélo. Qu'elle genre de secret refermé cette petite boite en carton ? Est que faisait-elle ici, sur la piste cyclable et sous cette tempête ? Il était clair que celle-ci avait été abandonné dans un endroit précis pour qu'elle soit remarquée et ramasser par quelqu'un qui passerait par ici... Où bien quelqu'un l'avait-elle faite tomber ? M'approchant de la boite, je la regardais un instant, me demandant si je ne devrais finalement pas repartir et ignorer cette boite, faire comme si de rien n'était et jouer mon rôle de garçon indifférant et sans aucun sentiment, froid et repoussant. Je jette un rapidement un regard aux alentours pour m'assurer d'être bien seul, ma curiosité étant plus forte que ma raison. Puis, je me mets à genoux et ouvre doucement le couvercle.

Spoiler:
 


À peine avais-je eu le temps d'ouvrir la boîte, qu'une petite créature à la fourrure humide se jeta dans mes bras pour se blottir contre ma poitrine. J'étais sans voix, probablement étonné, ou tout simplement surpris de la tournure que venais de prendre les événements, qu'un brin de curiosité sous cette journée morose, me donne l'occasion de faire une telle rencontre. Je crois n'avoir jamais été dans une telle situation, ou une petite créature touffu réchauffe ce son petit corps tremblant ma poitrine humide. Mon coeur s'emballe légèrement, et je ne sais pas vraiment comment régir. Alors je me rend, et laisse mon corps et mes émotions prendre le dessus. Je pose délicatement ma main sur ce qui était un petit évoli, et laisse apparaître sur mon visage un léger sourire, unique et qui jamais ne s'était dessiné d'une telle façon. Peut-être était-ce la première fois que je ressentais autant de tendresse depuis... Cette journée. Peut-être n'ai-je jamais tenu un corps aussi fragile et pauvre dans mes bras, et ressentis autant de compassion pour un être ? Le Evoli lève alors les yeux vers moi. Son regard est plein de tendresse, plein d'espoir et de compassion et... légèrement triste. Il n'a pas dû avoir la vie facile jusque là, et... je dirais même que je peux... me voir en lui.

Puis, je remarque une petite enveloppe qui était là, dans la boite où était le évoli. Gardant celui-ci dans mes bras, je saisis le papier légèrement humide, et sort une petite lettre. L'écriture était légèrement effacée à cause de la pluie, mais encore lisible. Une écriture faite à la main, avec un stylo à encre rose. Les formes des lettres me rappelaient la grâce de l'écriture d'une fille. Ayant fini ma rapide analyse, je lis alors la lettre.

Bonjour, ou bonsoir.

Si vous lisez cette lettre, c'est que vous venez d'ouvrir cette boite, et de récupérer mon évoli. Il est à vous, si vous avez la bonté d'âme de bien vouloir vous en occuper. Vous devez me prendre pour un monstre, un être sans âme pou avoir abandonné son pokémon dans de telle circonstance. Vous avez probablement raison. Jamais... Jamais il n'aurait trouvé le bonheur et la paix avec moi, je vous prie donc sincèrement, je vous en supplie, prenez soin de Kobi. Apportez-lui la joie et le bonheur auquel elle a droit. Réaliser ce que je n'ai jamais pus accomplir. Merci encore et adieu.

S.

Ps : Je n'ai pas pus me résoudre à abandonner Kobi sans lui laisser un petit quelque chose, aussi je lui offre ces trois rubans, fait à la main.


La lettre était simple, mais elle dégageait facilement la tristesse et le désespoir de son auteur. Je range alors celle-ci dans ma poche, et retire de la boîte un grand ruban, et deux autres plus petits. Le dernier cadeau, le dernier souvenir de S., son ancien maître ou maîtresse, celle qui a dû faire le terrible choix d'abandonner son pokémon. Elle est peut-être un simple monstre sans coeur sans aucun remords, mais cette lettre est la preuve du contraire... Et j'imagine avec quelle douleur elle a dû se séparer d'évoli. Perdre l'un des miens, Hagane, Setsu ou Maigo serait une déchirure insoutenable pour moi. Mais... Pourquoi ? Pourquoi a-telle dû faire ses adieux au évoli ? Pourquoi l'a telle abandonnée dans un endroit aussi pitoyable ? Tant de questions sans réponse...

Je me redresse et rage les rubans dans mes poches. Le Evoli me regarde alors que je l'installe dans le panier situé à l'avant de ma bicyclette.

- Bien, Kobineko, je vais m'occuper de toi, et réaliser le souhait de ta maîtresse. Je vais aussi te rendre fort, plus fort que n'importe quel autre évoli, et t'apporter le bonheur d'être au sommet... Alors que... Peut-être en retour, m'aidera-tu a comprendre certaines choses...

Kobineko me regarde heureux. Je lui souris une dernière fois, avant d'enfourcher mon vélo et de grimper à toute vitesse la colline, en direction de l'académie. Aujourd'hui, je venais d'apprendre ce que pouvait être la compassion, aussi faible que cela puisse paraître, elle avait apporté un peu de chaleur à mon coeur, froid comme la glace. Je dois en apprendre plus, sur ces sentiments que j'ai toujours cherchés à cacher, à refouler. Principalement afin de mieux les contrôler, et à m'en protéger. Mais aussi pour mieux les comprendre. La pluie semble s'être arrêtée, et de faibles rayons de soleil perce timidement les nuages, afin d'éclairer le champ de bataille où, sous la lumière du soleil, les premiers bourgeons ont commencés leur floraison.

© Jawilsia sur Never Utopia

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