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 Douleur partagée [Pv : Tsukimi]

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MessageSujet: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Mar 23 Sep - 16:15


 
 
I DON'T CARE! I'VE HAD ENOUGH, I'VE SEEN ENOUGH, I WANT OUT, I WANT IT TO END, I DON'T CARE ANYMORE!
La lune haute dans le ciel, éclairant vaguement quelques nuages et quelques parcelles de paysages, comme si elle avait décidé d'être paresseuse cette nuit là, comme si elle n'avait plus envie de luire.
Dans ma chambre, tout était calme. Je dormais à point fermés -d'ailleurs, comment fais-je pour vous raconter ça-, recroquevillé sous les couvertures à cause du bruit incessant d'un Aimure insomniaque qui aiguisait ses plumes sans relâche dans l'arbre d'en face. Comme quoi même les hauts gradés peuvent être sujets aux petits inconvénients de la vie.
A côté de moi était une chaise dont le dos servait de lit à mes gants étalés, et totalement à l'opposé de moi, de mon lit, de ma chambre, bref, de tout ce qui pouvait m'appartenir, il y avait Kyûbi.
Kyûbi qui avait choisit tout seul son lit dans un tiroir que j'avais dû abandonner pour lui faire de la place.
Kyûbi qui a réquisitionné des habits à moi comme couchette, vêtements que je ne peux plus mettre sous peine de réprimande du pokémon renard qui ne supporterait pas de dormir avec l'odeur de quelqu'un d'autre.
Kyûbi qui se prend décidément de plus en plus pour le serviteur du Mal. Et tout le monde sait qu'un futur maître du monde ne dors pas dans les jupes de ses parents.
Kyûbi qui m'a donc obligé à mélanger mes chaussettes avec mes caleçons. Mais ça, vous n'étiez pas obligés de le savoir.


Voilà donc le tableau de nos nuits et de nos rêves. L'indépendant et le patient. Pourtant, cette nuit-là, la sensation d'une patte douce comme du velours sur ma joue accompagnée de quelques gémissements vint m'extirper doucement de mon sommeil. Mes yeux s'ouvrirent sur la silhouette sombre de mon ami doré qui couinait doucement. Je posais une main sur le dos de Kyûbi puis me redressait brusquement pour le regarder, peu habitué à ce que le renard tremble de tout ses membres. Un étirement atroce se laissa sentir le long de sa colonne vertébrale et Kyûbi laissa échapper un jappement de mécontentement. Je fronçais les sourcils :

Ce sont encore ces douleurs qui te reprennent ? Mon pauvre ami...

Je tâtonnais jusqu'à ses 8 queues et, du bout des doigts, en parcourais chacune d'entre elles jusqu'à m'arrêter à la toute dernière, la plus à gauche, celle qui entrait en division. Je le sentais énormément. Le pelage sur la queue était hérissé, les muscles tendus, presque tordus, et sur le bout, je pouvais sentir les os déjà dédoublés. Combien de temps cela prendra avant la division complète ? Un mois ? Une semaine ? Je l'ignorais. Tout ce que je savais, c'était que les divisions étaient de plus en plus longues à mesure que leur nombre s'éloignait de 6. Et de plus en plus douloureuses.

Kyûbi sauta à terre et tituba jusqu'à la porte avant de pleurnicher bêtement. Son état me faisait pitié, lui qui était d'habitude si fier de lui-même. Le renard devait être fatigué pour se laisser aller ainsi. Qui sait combien de temps il avait souffert avant de me réveiller ?

Tu veux aller prendre l'air, j'imagine ?, devinais-je en me levant et en enfilant le plus rapidement possible des vêtements et ma veste.

J'ouvris la porte et sortis, suivis de Kyûbi qui tituba jusqu'aux escaliers. C'est alors que je le pris dans mes bras, chose que je n'aurais habituellement jamais fait sans quoi le renard aurait protesté et m'aurait sans doute brûlé. Mais cette fois-ci, il se laissa faire, et laissa même échapper un soupir de gratitude. Je dévalais alors les marches des 3 étages qui nous séparaient de la sortie. Je sentais la fourrure de mon ami brûler contre moi. Il n'avait jamais été aussi chaud, me dis-je. Je m'inquiétais. Cette tête de mule avait décidé de contredire mère nature et d'attendre 9 queues avant d'évoluer en Feunard, et qui sait où ça allait le mener. Chaque division le rendait de plus en plus fébrile à chaque fois. Et je ne voulais pas le perdre. Pas lui.

Ma marche effrénée m'avait -nous avait- mené jusqu'à l’orée du bois. Je m'arrêtais un instant devant, puis m'y enfonçait un peu, priant pour que la paix des bois ait une influence sur Kyûbi. Celui-ci semblait s'être un peu calmé depuis tout à l'heure, et c'est donc avec une certaine insolence dans le ton de la voix qu'il exigea de descendre.

- Dit-donc, ce n'est pas la gratitude qui t'étouffe ! le sermonnais-je en ouvrant néanmoins les bras.

Il faut dire que j'étais soulagé qu'il se comporte de nouveau de manière grognarde. C'est signe qu'il allait bien. Kyûbi huma un instant l'air puis il se coucha sur le tapis de mousse au sol en fermant les yeux, comme bercé par la sensation de paradis que l'on possède lorsque la douleur disparait. De mon côté, j'allumais une cigarette pour calmer un peu mon angoisse récente.

Quelle heure pouvait-il être ? Nul doute qu'on devait être au milieu de la nuit. Ou vers la fin. Je me sentais un peu fatigué, mais l'air frais m'aidait à me tenir éveillé. Les bruits de la forêt autour de moi ? Non, ils ne me faisaient pas peur. Néanmoins, je m'adossais au tronc d'un arbre, au cas où, pour ne pas me faire surprendre. Je posais une main sur mon épée d'un geste machinal et levais la tête vers le ciel.
Et mon regard se perdit dans l'immensité des étoiles.


 
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MessageSujet: Re: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Mer 24 Sep - 18:30

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the night is dark and full of terrors +  victor

Je m'éveillai dans la peur cette nuit là…

Mon cœur battait à tout rompre. Frissons et tremblements se disputaient mon pauvre corps douché de sueurs froides. La peur planait dans ma chambre comme un vent froid qui provoquait tout ces frissons.

La lumière produite par la flamme de mon Salamèche s'avança dans la pénombre, grandit. J'avais pris l'habitude de laisser mon Pokémon en liberté dans ma chambre la nuit. La douce lueur de sa queue me rassérénait. Ce n'était pas tant sa lumière que sa présence qui me rassurait. Les éclats orangés qui illuminaient ma chambre me prouvaient qu'il était toujours là. Que j'avais quelqu'un sur qui compter, un ami pour m'accompagner dans mon adaptation. Et j'avais besoin de cette sensation, de ce rempart. Il en serait ainsi, devinai-je, jusqu'à ce que j'aie le sentiment d'être chez moi au sein de cette académie.

Au pied de mon lit, mon petit lézard se mit à crier pour attirer mon attention. Malheureusement pour mon starter, le choc provoqué par mon mauvais rêve n'avait pas l'intention de se dissiper tout de suite, bien au contraire ; les souvenirs de ce cauchemar s'étendaient un à un sous mes yeux.

Une nuit obscure. La lune est blafarde, presque absente. Les rares étoiles brillent faiblement. Je me dresse sur une falaise aux abords déchiquetés. Ma robe d'un blanc de neige claque dans le vent. Mes cheveux s'envolent, s'entremêlent. À mes pieds, l'océan attends. Il se déchaîne. Il se tarde de me repousser tout au fond de ses abîmes ténébreuses. Je suis calme. La peur me prend doucement, tout doucement. Elle dresse le moindre de mes poils sur son passage et fait frissonner ma peau. Subtilement. Comme une voleuse. Douce comme une plume, tranchante comme un couteau. Je ne sauterai pas. Je ne chuterai pas. Je veux vivre. Je veux attendre l'aube pour admirer le lever du soleil. Je veux sentir sa chaleur sur ma peau. Je veux m'étendre dans l'herbe et me laisser chauffer par ses rayons. Je veux vivre, vivre.

Mais je tombe. On me pousse, fort, et je tombe. Je tombe dans le silence le plus sinistre. Comme une poupée qui glisse et tombe, sans un cri, sans un bruit. Les vagues s'avancent, s'endiablent, se rapprochent. Elles étendent leur portée vers mon corps en chiffe, mais ma mésaventure ne s'achève pas dans l'océan.

Retombée. Douloureuse. J'atterris brutalement sur terre. Ma peau se brise. Elle se barre de coupures, se colore d'ecchymoses, s'embroche d'épines et d'autres débris naturels. Roches. Brindilles. Racines. Je suis dans la forêt. Une forêt plus noire que la nuit. Ses rumeurs m'effraient. Craquements. Hurlements. Cris des plus sinistres, poussés par des Pokémons que je déteste plus que tout. Cornèbre et Corboss. Ils tournoient au dessus de ma tête. Attendent ma mort comme des vautours pour m'arracher et dévorer mes yeux. Ils croassent, fort. Un concert assourdissant.

Puis j'entends autre chose. Un gémissement. Un hurlement démentiel. Salamèche, Salamèche. Morzan ! Je trouve la force de me hisser sur mes jambes, et je cours. Je cours, je cours, je cours. Les oiseaux de la nuit me poursuivent. Me traquent. M'attaquent. Ils descendent et me lacèrent de leurs becs, de leurs serres. Ils m'arrachent des pans de peau. Contact atroce du sang chaud et de l'air frais. Souffrance. Souffrance. Souffrance. Mais je ne m'arrête pas. Je continue. Je cours…

J'arrive…

Morzan…

Je trébuche. Je tombe. Cornèbres et Corboss déchirent des pans de ma robe, des pans de mon dos. Douleur, douleur, une douleur qui ne s'arrêtera jamais. Je hurle. Il hurle. Je lève les yeux. Morzan. Mon petit lézard souffre comme je souffre. Sa flamme vacille. Sa vie s'estompe. On va mourir ensemble…


Mon Salamèche poussa le cri le plus strident que j'eusse jamais entendu de ma vie. Morzan atteignit enfin son objectif ; j'émergeai de l'espèce de transe dans laquelle ces atroces souvenirs m'avaient plongée. Je baissai les yeux sur mon Pokémon. Ses traits trahissaient sans mal l'inquiétude et l'irritation. Sa flamme n'avait de cesse de se balancer. Gauche. Droite. Gauche. Droite. Il perdait patience. Je me penchai vers lui, l'attrapai et le déposai sur mes couvertures. « Je suis désolée, petit. Je ne voulais pas t'ignorer, j'étais juste… Juste effrayée. » J'essuyai les larmes qui roulaient le long de mes joues. Pleurais-je depuis longtemps ? Bonne question. Je l'ignorais. Mes frissons et tremblements, quant à eux, s'étaient arrêtés.

Soudain, les couvertures qui m'entouraient me donnèrent la sensation d'étouffer. Je me débattis, bougeai vigoureusement jusqu'à en être libérée. Pourtant insatisfaite, je sautai hors du lit. Mon pyjama collait à ma peau. Je m'en débarrassai aussi, tirai quelques vêtements de mes valises à moitié défaites et me passai le tout. J'avais besoin d'air. Ouvrir la fenêtre plus avant ? Pas question. Je n'avais pas envie qu'un Pokémon sauvage ailé s'incruste dans ma chambre. Sortir prendre l'air. Voilà ce que je devais faire. J'attrapai mon sac, abandonné par terre. « Je m'excuse, Morzan, mais tu vas devoir voyager dans ta Pokéball pour un petit moment. Je te libérerai dehors, promis-je. » Le lézard croisa obstinément les bras, mais ne tenta pas de fuir le rayon rouge qui le cala dans les confins de sa sphère. L'éclat de sa flamme n'aurait fait que m'attirer des ennuis, et je n'avais aucune envie qu'un professeur envoie une lettre de reproches à ma mère. Je frémis rien qu'en m'imaginant sa réaction.

Je quittai silencieusement mon repère, sur la pointe des pieds. Sortir de l'académie se révéla être plus aisé que d'y entrer ; je reconnaissais petit à petit mes repères, et bien vite, je saurais me déplacer sans trop de mal. Enfin, je l'espérais. Ce fut plutôt la crainte d'être prise la main dans le sac qui me ralentis - tout au long du chemin, je ne cessai de jeter des regards furtifs derrière mon épaule ou de tendre l'oreille à l'affût d'une présence étrangère. L'idée que des vampires ou des fantômes pourraient me sauter dessus m'avait également traversée l'esprit, mais c'est sans importance…

Un frisson me traversa lorsque je me retrouvai enfin dehors. Un vent nocturne et printanier soufflait. La lune était bien pâle et peinait à éclairer les environs. Songeant à sa lumière blafarde, je fis sortir Morzan de sa ball. « Salamèche ! » s'exclama-t-il, content de retrouver sa liberté. « Shhhht ! » intimai-je en regardant partout autour. Personne en vue. Je soufflai. « Viens, on va se balader un peu, murmurai-je. Discrètement ! » Sans plus de cérémonies, Morzan se mit en route à mes cotés. Nous nous éloignâmes de l'académie, lui tranquille et moi sur mes gardes. Nous promener n'était peut-être pas une si bonne idée que ça, finalement. L'atmosphère était bizarre, sans doute à cause de la lune paresseuse et de l'étrange clarté qu'elle diffusait. Je m'exhortai au calme. Je n'étais pas dans mon rêve. Il n'y avait pas de robe blanche, pas de falaise, pas d'océan, pas de chute et pas de corbeaux. Or nous nous approchions de la forêt - qui serait inéluctablement sombre en cette heure et sous cette luminosité - et cela m'inquiétait. Je ralentis, m'arrêtai et pivotai sur moi-même. L'académie se dessinait dans le lointain, toujours visible malgré la distance parcourue. Je jonglai avec l'idée d'y retourner.

Mon Salamèche prit la décision à ma place. Une étincelle de lumière à quelques pas de moi attira mon attention ; sans demander son reste, Morzan s'enfonça dans la forêt obscure. Un bruit, un mouvement devait avoir piquée sa curiosité, et il s'était mis en tête d'investiguer. Je m'élançai derrière lui. Le rattraper demanda tout un effort. Mon petit lézard ne marchait pas bien vite, mais il avait pris de l'avance tandis que je songeais à rebrousser chemin. Qui plus est, j'étais réticente à m'avancer dans ces bois, les images de mon rêve hantant toujours mon esprit. Je m'efforçais de poser un pied devant l'autre par souci pour mon Pokémon - et c'est par souci pour mon petit monstre, justement, que je pressai le pas.

J'étais essoufflée et effrayée quand je parvins enfin à la hauteur du Salamèche. Je lançai un « Morzan ! » un cheveu plus haut que nécessaire, et il s'immobilisa. Je le rejoignis en deux temps trois mouvements. Nous avions échoué sur un sentier paumé, quelque part entre les arbres, dans la nature sauvage. Il faisait toujours aussi noir, et toujours aussi froid.

Et nous n'étions pas seuls… C'est du moins ce que je crus comprendre de l'attitude de mon Salamèche, qui ne cessait de se retourner et de se détourner pour fixer les alentours. Je me sentis soudain très exposée. La lumière de mon Pokémon agissait comme un phare pour les créatures de la nuit, compris-je avec effroi. « Allez, reviens ! » ordonnai-je à mon lézard, que je rappelai une fois de plus dans sa ball. Sans plus attendre, je rebroussai chemin au pas de course. Au concert de bruits nocturnes s'ajouta foulées, craquements et battements de mon cœur affolé. Autour de moi, tout n'était qu'arbres flous, noirceur, rochers, plantes et racines, mais je ne perçus que ceci ; arbre, ombre, arbre, ombre, arbre, ombre, éclat doré, ombre, silhouette, arbre, ombre, arbre, ombre, arbre…

Éclat doré ? Silhouette ? Certes. Rapidement, vaguement, entre deux arbres. Ou deux ombres. Ou deux arbres et deux ombres. J'étais trop sur les nerfs pour m'en souvenir avec précision. Qu'était-ce ? Aucune idée, et j'étais peu amène d'y retourner pour le découvrir. Je dus tout de même m'arrêter, à bout de souffle, pour reprendre un peu d'air et d'énergie. Mon cœur semblait prêt à exploser dans ma poitrine.

Je m'éveillai dans la peur, cette nuit-là. Et la peur n'en avait pas terminé avec moi.





Dernière édition par Tsukimi Kurochi le Dim 19 Oct - 19:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Jeu 2 Oct - 19:11


 
 
“YOU'LL STAY WITH ME?' VICTOR WORRIED.
'UNTIL THE VERY END,' SAID KYÛBI.”
Perdu dans mes pensées, j'écoutais le bruissement de la brise dans les branches et le grésillement des Mélokriks dans leur sommeil. Cela faisait quand même un beau changement par rapport au Airmure qui se plumait juste devant ma fenêtre. Pourquoi n'avais-je pas ce bruit-là pour m'endormir, moi ? ... Comme on dit, on ne choisit pas ses voisins.

Cela devait bien faire plusieurs minutes que Kyubi semblait somnolant, et moi, pour ma part, je n'avais qu'une envie, celle de rejoindre mon lit pour finir ma nuit. D'autant plus que le lendemain, je reprenais mon travail dans la bibliothèque, job pas extrêmement excitant mais où il fallait rester maître de son esprit. Je m'approchais donc doucement de mon ami renard, dans l'espoir de le reprendre dans mes bras et de retourner dans la chambre. Mais celui-ci, alors que je tendais les mains vers son corps, se réveilla, redressa soudainement sa tête et regarda derrière moi avec curiosité. Je m'immobilisais, surpris par ce qui me sembla être le reflet d'une flamme au creux de son regard. Un bruit subtil dans mon dos et je me retournais brusquement.
Rien à l'horizon.

La forêt noire me semblait bien peu accueillante tout à coup. Méfiant, je m'approchais doucement de la direction dans laquelle Kyûbi avait tourné son regard. Furtif, je ne m'osais pas à troubler le silence de la nuit par un cri ou une parole. Passés les premiers arbres, je ne voyais toujours rien, et le cris étouffé de Kyûbi me ramena précipitamment vers lui. Sa respiration était haletante et il tremblait tout en labourant de ses griffes la mousse sur laquelle il était. Je m'approchais de lui, essayant de le calmer en lui murmurant des mots rassurants. J'étais troublé. Sa douleur, je commençais à m'y faire, mais cette nuit, mon ami me montrait des signes particuliers de faiblesse et de peur. Cela m'inquiétait.

Un cri.
Il cria, ou pour être plus précis, il glapit de terreur, et dans ses pupilles braquées sur le ciel, une ombre cacha les étoiles. Je me retournais pour faire face au Cornèbre qui avait décollé brusquement de l'arbre sur lequel il était perché. La créature lança des cris brefs et indignés et sans plus de cérémonie, il s'éloigna à tire d'aile de la forêt. Je soufflais et souriant. Tout ce raffut pour ça. Mais à mes côtés, l'odyssée de Kyûbi ne semblait pas terminée alors qu'il se tordait de douleur. Et il soufflait, et souffrait, grognant et tremblant. Je tentais de le rassurer, il me griffa. Je haussais le ton de la voix pour le résonner, et là, ô surprise, il se tut. Seule sa respiration haletante demeurait dans le silence soudain pesant de la forêt. Il ne me regardait pas. De nouveau, il fixait du regard un point derrière moi... Mais cette fois, ce n'était plus une flamme qui se reflétait dans son regard...
Mon cerveau commença à me mettre en garde.

Dans le miroir contemple toi, je suis là derrière...

En faisant volte face, je me retrouvais nez à museau avec une immense bête. Noire, hirsute, les crocs blancs et les yeux révulsés, le Grahyena grognait en position d'attaque. A ce moment, je me surpris à penser que, merde, oui, j'avais eu l'indice de Kyûbi et du Cornèbre que l'endroit n'était plus du tout sûr depuis au moins deux minutes.

J'eus à peine le temps de sortir mon épée pour me protéger des griffes acérées de la bête que je me retrouvais sur le dos, le prédateur sur moi, affamé et sachant déjà comment le combat se finira. En effet, mon seul et unique pokémon était non seulement incapable de se battre à cause de la douleur, mais il était aussi éloigné de moi. Ma tentative d'esquive m'avait entrainé loin de lui. Et notre combat était déjà fini.

Mon sang se glaçait. La peur commençait à s'emparer de mon cerveau alors que je tentais d'empêcher mes membres de trembler. La bête était furieuse, enragée, aboyante et son seul but semblait être de me déchirer le ventre et de manger mes tripes. Déjà, son poids faisait fléchir mes membres ankylosés par la fatigue. L'une de ses pattes arrière s'avança sur l'une de mes jambes et, si elle ne me castra pas, elle ne manqua pas de me labourer la cuisse. Je poussais un hurlement étouffé sous le coup de la douleur surprise et, Kyûbi, sous ma détresse, glapit et se leva pour se lancer faiblement sur la bête. Évidemment le problème de taille et de circonstance ne laissa aucune chance à mon Goupix qui se fit balayer d'un revers de la patte du monstre.

Je me retrouvais alors seul à seul avec le Grahyena. Le plat de ma lame grinçait contre ses griffes alors que le monstre poussait un hurlement qui ressemblait étonnamment à un pleur. Mais de nouveau, il me fixait de son regard glacial et ses crocs se rapprochaient de ma gorge. J'allais atrocement souffrir. Je redoutais déjà le moment. Je fermais les yeux, la gorge nouée...


 
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MessageSujet: Re: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Sam 4 Oct - 20:58

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the night is dark and full of terrors +  victor

Des sueurs froides me glissaient le long du dos. Penchée sur mes genoux pour retrouver mon souffle, je sentais mon cœur pomper rapidement, dément. Mes muscles tremblaient d'avoir tant forcé. L'épuisement éclipsant ma peur, je fermai les yeux et tentai de me détendre. Je forçai mon cœur et ma respiration à retrouver un rythme plus doux, repoussant tous les vilains scénarios qui me hantaient dans les tréfonds de mon esprit. Avant de paniquer et courir, je devais me reprendre…

Petit à petit, les battements de mon cœur ralentirent. Ce dernier ne retrouva pas son rythme normal, toute stressée que j'étais, mais il ne menaçait plus d'éclater. Ma respiration s'adoucit. Mes tressaillements s'estompèrent. Cela me rassura pendant au moins trois secondes, soit le temps qu'il fallut à mes oreilles pour se recentrer sur les bruits de la forêt.

J'ouvris les yeux. La forêt semblait encore plus obscure que précédemment. Était-ce seulement réel ou s'agissait-il d'un mauvais tour de mon esprit trop imaginatif ? Les arbres étaient serrés les uns contre les autres, leurs longues branches bougeant, craquant, lacérant le ciel. Chacun d'eux étendait une ombre immense sur le sentier, qui pourtant me semblait trop dégagé. Derechef, je me sentis exposée au danger.

Encore trop faible pour piquer un sprint jusqu'à l'académie, je décidai de m'éloigner de ce sentier. Je marchai d'un bon pas jusqu'au pied d'un arbre. La peur maintenait mes sens en éveil. J'entendais tout et je sursautais au moindre petit mouvement dans les fourrés, souvent provoqués par le vent. Soudain, un bruit nouveau s'ajouta aux chants des Noarfang et au balancement des branches. Des petits cris, des geignements. Mystérieux, mais surtout flippant. Comment avais-je bien pu penser que de sortir en pleine nuit me rassurerait d'un cauchemar ?! Les croassements d'un Cornèbre s'élevèrent dans la pénombre. D'instinct, j'agrippai la Pokéball de Morzan, pour m'assurer qu'il était toujours là. Mon petit lézard reposait dans sa sphère, toujours en ma possession. Pourtant, je n'arrivais pas à me rasséréner. Comment aurais-je pu ? Tous les éléments étaient rassemblés pour me jouer une belle frousse - la forêt sinistre, le froid, le corbeau et l'absence de mon Pokémon à mes cotés. Ceci sans oublier mon mauvais rêve, la flamme qui avait allumée cette peur indomptable.

Je devais prendre une décision. Délivrer Morzan de sa ball créerait de la lumière, ce qui attirerait immanquablement l'attention sur nous. Qui plus est, mon Salamèche ne risquait rien caché dans sa boule. Mais les Pokémons avaient un bon instinct et de bons réflexes. En cas de danger, il pourrait m'aider, voire même me secourir. Et dans le pire des cas, notre mésaventure deviendrait une épreuve à surmonter ensemble. Cela nous rapprocherait.

C'était décidé. Je m'emparai de la Pokéball de Morzan et le relâchai. Il poussa un « Mèche ! » dont je ne parvins à déchiffrer l'origine ou l'intention et fit quelques pas vers moi. Je le gratifiai d'un sourire hésitant. Mes doutes refaisaient surface. Bonne idée, mauvaise idée ? Ma salamandre de feu posa une petite main griffue sur ma jambe et hocha doucement la tête. Il était… heureux ? Confiant ? Prêt à affronter cette forêt et ses dangers avec moi ? Un peu tout ça à la fois, peut-être. Touchée, je hochai la tête à mon tour. Mon sourire perdit toute son hésitation. Je devais avoir confiance en nous.

Un concert de bruits inquiétants me fit bondir. Grondements, mouvements, aboiements déments, déchirants. Brusque retour à la réalité. C'était comme si le temps s'était arrêté pour repartir sèchement. La terreur qui s'était enfuie revint au galop. Morzan se mit à crier. « Mèche, Sala Salamèche, Lamèche ! » Il ne tenait plus en place, désignant avec urgence un pan sombre de la forêt, sa flamme se balançant vivement, pleine d'étincelles. « Fonce, je te suis ! » ordonnai-je. Pas le temps de réfléchir, Morzan était catégorique. Quelque chose se profilait par là, et nous devions agir. Maintenant.

Je talonnai mon Pokémon, sa queue me guidant tel un phare flamboyant. Nous émergeâmes d'entre les branches devant une scène atroce. Un homme était étendu par terre, plaqué au sol par un Pokémon sauvage dont les babines dégoulinaient de bave. « Oh bon sang ! Est-ce que ça va !? » m'écriai-je. Est-ce que ça va ? Bien sûr, Tsukimi ! Il allait se faire dévorer tout cru par un espèce de loup enragé, clair qu'il pétait la forme ! Je maudis l'angoisse et ses réactions stupides et me repris, d'un ton sans appel. « Morzan, plaque moi cette créature au sol ! Fonce lui dessus, fais comme tu le sens mais dégage ce pauvre homme ! »

Ma salamandre ne se fit pas prier. Elle s'élança vers la bête à toute vitesse, bondit et l'atteignit en plein dans les cotes. Ils chutèrent de concert, projetés au sol par la force de l'impact. Horrifiée, je vis le loup ténébreux et mon petit lézard rouler ensemble sur le tapis de la forêt, grondants, gémissants. Inférieur en taille et en force brute, Morzan se retrouva bien vite dos au sol. « Morzan ! » hurlai-je, affolée. Quelle idée avais-je eue de lancer ma petite chose contre ce monstre ?! Quelle conne, quelle conne, quelle conne, quelle conne, me fustigeai-je. Heureusement, les Pokémons étaient plein de ressources et bien plus résistants que je ne le croyais. Au bord du gouffre, mon Salamèche eut la brillante idée d'effleurer la bête de sa flamme. Celle-ci recula, et Morzan sauta sur ses pieds. « Morzan, Flammèche ! dictai-je. Ne t'approche pas de lui, tiens le à distance avec tes attaques feu ! » Cette stratégie sembla fonctionner. Morzan ne se retrouva plus en posture critique, mais je me doutais bien qu'il ne serait pas de taille à affronter cette chose bien longtemps. Le temps pressait.

Je m'avançai vers l'homme. À quelques pas de lui, je notai qu'il était en possession d'une épée. Je ralentis et lançai un regard en direction du combat. (Morzan - essoufflé - et le loup se dévisageaient, à bonne distance l'un de l'autre.) Étais-je en train de commettre une erreur ? Cet homme avait-il attaqué ce Pokémon avec sa lame ? Était-ce pour cette raison que le loup était si furieux ?

Des feulements attirèrent mon attention. Crissement subtil des griffes sur la mousse - un lit de mousse sur lequel reposait un Goupix au pelage… doré ? Doré… L'éclat doré de tout à l'heure ! Ce Pokémon appartenait à l'homme, devinai-je. Cela acheva de taire mes soupçons. S'il avait voulu faire la peau à cette bête, il ne l'aurait sans doute pas fait alors que son Pokémon souffrait le martyr à deux pas de lui. Même les pires dresseurs du monde n'étaient pas aussi inconsidérés. Puis c'était tout de même un adulte.

« Est-ce que ça va ? » questionnai-je une fois de plus. Un rayon volcanique éclaira momentanément la forêt tandis que Morzan lançait de nouvelles flammèches en direction du canidé. Du coin de l'oeil, je vis ce dernier rejeter la tête en arrière et hurler. Cri perçant. Plein de rage et de… douleur ? Dur à dire.





Dernière édition par Tsukimi Kurochi le Dim 19 Oct - 19:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Mer 8 Oct - 20:56

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“I'm lonely. And for a flash of an instant, I can see just how lonely, and how deep this feeling runs. And it scares the shit out of me because it seems catastrophic.”
C'est fou comme le dernier espoir de vie nous tiens fort et résistant. "Le corps d'un homme serait en fait capable de soulever une voiture." Je n'y avais jamais cru jusque maintenant, ce moment fatidique où je retenais presque à bout de bras le Grahyena qui tentait tant bien que mal de m'arracher un bout de peau.
Puis mes bras tremblèrent.
Puis je ne compris plus rien.

J'avais dû entendre la voix de cette fille qui ordonnait à un pokémon d'attaquer. J'avais dû lancer un regard furtif vers elle, retenir mon souffle, sursauter, je ne sais pas moi. Mais il fallait me comprendre, la situation était tellement étrange que j'avais déliré pendant un instant. Je me revoyais en train d'entrainer les bleus de la Team Plasma, ou bien de me battre contre un dresseur incorrect et asservissant les pokémons. Mais vu que je souffrais à la jambe, que je m'inquiétais pour Kyûbi et que je venais d'échapper à la mort, mon cerveau avait lâché. Fatigue. Trou noir. J'étais resté le regard dans le vide et l'épée à la main pendant quelques instants, l'esprit ailleurs.

"Est-ce que ça va ?"

Oui, oui, tout allait bien.
Attends... quoi ?

Je revenais alors à la réalité. Je clignais des yeux, observant distraitement la jeune fille qui se trouvait devant moi. La scène que j'avais manqué me revenait peu à peu à l'esprit tandis que des gerbes de feu voyageaient autour de nous. Le courage de la petite salamandre qui combattait le Grahyena était admirable. Laissant comme passée la question de ma sauveuse, je me relevais tant bien que mal sur une jambe -l'autre étant très douloureuse- et je cherchais mon ami renard du regard. Il était allongé là, sur la mousse du début, abattu par la douleur mais toujours vivant. Mon coeur se soulagea d'un poids. Qu'il allait "bien" était ce qui importait.

Soudain, le hurlement du canidé déchainé se fit entendre dans toute la forêt. Son cri me transperça le coeur d'un frisson glacé. D'où -de tous les enfers et de toutes les sentences-, de quel supplice provenait donc la plainte déchirante qu'avait poussé la bête ? Je me retournais vers le combat, où je vis la salamandre un peu hébétée qui regardait le Grahyena. Le loup noir avait arrêté de se battre. Il avait même reculé, recroquevillé sur lui-même. Le silence retombait sur la forêt, plombant la nuit dans une atmosphère glaciale.
Tous, je pense, redoutaient une contre-attaque de la bête, ou même un autre de ses cris.

Au bout d'un instant, la tension semblait être légèrement retombée. Comme la bête ne bougeait toujours pas, je débouclais doucement ma ceinture et laissait tomber l'épée et son fourreau attachés dessus. Je faisais un pas en avant. Le loup riva ses yeux rouges sang sur moi.

"Du calme... Je ne te veux pas de mal..." murmurais-je, tout en restant sur mes gardes quand à ses réactions. "Regarde, je ne suis plus armé... Kyûbi !"

A l'entente de son nom, le renard s'approcha faiblement de moi, curieux et méfiant. Je le pris dans mes bras et, trop surpris par l'étrangeté de la situation, il se laissa faire. Alors je continuais de m'approcher encore du Grahyena. Mon Goupix gémit d'angoisse et je devinais clairement les regards de la jeune fille et de la salamandre rivés sur moi. Oh oui, j'allais peut-être faire une bêtise. Je m'accroupissais à 50 cm de la bête et présentais délicatement mon ami qui frémit.

"Regarde, Grahyena. Voici Kyûbi, un Goupix tout aussi souffrant que toi... Car tu souffres, n'est ce pas ? En tout cas, tu es fatigué... et surtout seul. Tu n'as rien à craindre avec nous. Calme-toi."

Les museaux de Kyûbi et de Grahyena se rencontrèrent presque instinctivement. J'entendis Kyûbi murmurer un "Gou..." humble et quelque peu angoissé, et au Grahyena de répondre par un léger grognement. Alors j'approchais ma main prudemment, paume vers le bas, tentant de deviner un quelconque signe d'agressivité chez le canidé. Celui-ci se laissa toucher l'épaule, au départ quelque peu réticent et méfiant, puis le dos, et le flanc. Je me tournais vers la jeune dresseuse au Salamèche intrépide et l'interpellais :

"Eh, toi !"

A la soudaine élévation de ma voix, le Grahyena se rebiffa en grognant. Grâce à l'avertissement sourd de Kyûbi, j'évitais de justesse sa mâchoire qui claqua tout près de ma main. "Doucement..." murmurais-je sans pour autant reculer. Je pensais vraiment que ce pokémon devait être épuisé et apeuré. Mais pourquoi ? Je reportais mon attention sur la fille et continuais, cette fois à voix plus basse :

"J'aurais besoin de ton aide... si tu acceptes. Ce pokémon ne va pas bien, il est clairement fatigué, seul et peut-être aussi apeuré. Approche-toi et aide moi pour voir s'il n'a pas de blessures quelconques... Et surtout, pas de mouvements brusques, tu dois t'en douter."


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MessageSujet: Re: Douleur partagée [Pv : Tsukimi]   Lun 13 Oct - 18:42

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the night is dark and full of terrors +  victor

Je ne pouvais détacher mes yeux de mon Salamèche. Il tremblait et haletait, sa flamme se balançant incessamment de gauche à droite, de droite à gauche. Tout comme Morzan et son attitude défensive, j'étais persuadée que le hurlement glacial de la bête annonçait une attaque virulente. Mais non. Après un semblant d'éternité, mon Pokémon amorça un pas hésitant vers l'arrière en observant le canidé. Il recula d'un nouveau pas, puis d'un autre, encore et encore… et se retourna vivement pour s'élancer dans ma direction. Je me laissai tomber à genoux et réceptionnai ma salamandre, pressant ma joue au sommet de sa tête. « Ça va petit ? Tu n'as rien ? Tu as bien combattu, c'était parfait. » murmurai-je tout en étreingnant mon Pokémon.

Le loup ne s'était pas écroulé, mais cela ne changeait rien. Notre objectif avait été atteint. La créature avait lâché l'étranger. Un homme que Morzan avait sauvé grâce à son instinct et sa vigueur. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui avait bien pu porter mon petit monstre à la défense de l'étranger ? C'était le dernier de mes soucis. Mon Pokémon n'était pas blessé et l'homme était sain et sauf. C'était tout ce qui comptait.

Tandis que je serrais mon Salamèche contre moi, rassurée de le savoir en santé, l'homme s'avança vers la bête. Je levai la tête en entendant le toc de son arme contre le sol pour m'apercevoir qu'il était tout près du loup, et qu'il s'en approchait encore. La peur me tordit l'estomac. Je refermai un peu plus mes bras sur mon Pokémon. Au même moment, l'homme héla le sien. Son Goupix s'avança de peine et de misère jusqu'à son maître, qui le souleva et le présenta au Grahyena.

Non ! Non, non, non, non ! C'était de la pure folie de sacrifier ainsi son Pokémon afin d'apaiser son prédateur ! Je me redressai vivement, mon Salamèche toujours niché dans le creux de mes bras. Je ne pouvais pas laisser faire cela, c'était atroce ! Je m'avançai de quelques pas de souris - peu amène de causer un désastre en attisant la colère du Pokémon sauvage - et réalisai que j'avais tout faux. Le Goupix et le Grahyena se humaient avec curiosité et retenue.

« Oh… » Doucement, je reposai Morzan sur le sol et observai la scène. Un frisson d'inquiétude me vrilla le corps lorsque l'inconnu laissa aller sa main dans la fourrure du canidé. Il sut néanmoins le mettre en confiance. Une confiance fragile, mais une confiance tout de même. Tant mieux. S'il parvenait à calmer le Pokémon, nous pourrions reprendre nos chemins sans encombres. J'étais impatiente de me retrouver sous mes couvertures, de pouvoir étreindre mes peluches, impatiente que tout cela soit terminé.

Je fus tirée de mes pensées par l'homme, qui s'adressa soudainement à moi. Sa voix forte fit réagir le canidé, qui passa à un cheveu de lui arracher quelques doigts. Un couinement d'effroi traversa mes lèvres. Mon interlocuteur reprit parole, en baissant d'un ton. D'après lui, le Grahyena était blessé. Cela tombait sous le sens. Les histoires de Pokémons blessés attaquant l'homme étaient nombreuses. On en entendait parfois aux infos, sans mentionner toutes ces légendes urbaines de meutes de Pokémons amochés se délectant de chair humaine - et d'autres atrocités du genre.

Je hochai la tête et posai un pied en avant, ignorant mon instinct qui me hurlait de prendre mes jambes à mon cou. Morzan me suivit, sans doute arqué en posture défensive. « Doucement, doucement… » susurrai-je lorsque je fus à trois pas du Grahyena. Alors commença un examen rapide de son état. Je le contournai lentement, sans cesser de murmurer des paroles que je voulais douces et rassurantes. La crasse qui enduisait le pelage de la bête était triste à voir. De la terre, de la boue, de la poussière et des débris de feuilles et de racines étaient scotchés à sa fourrure. Quelques touffes de poils manquaient à l'appel et… du sang séché nimbait son poil. J'achevai de faire le tour du monstre ténébreux et rejoignis l'homme.

« Vous avez raison, il est blessé… Sa fourrure est toute sale et emmêlée… Je ne vois pas grand chose, mais il est couvert de sang séché à quelques endroits. On l'a sans doute mordu… ou griffé… Je ne connais pas beaucoup les Grahyena, mais… je crois que… je pense… enfin, est-il possible qu'on l'ait exilé de sa meute ? » La souffrance qu'avait du connaître ce pauvre loup me peina. Qu'il fut rejeté ou qu'il ait vécu en solitaire tout au long de sa vie, cela ne changeait rien. Avec toute la saleté qui le recouvrait, ses plaies risquaient de s'infecter, et il pourrait… « On doit faire quelque chose ! m'écriai-je. On ne peut pas le laisser comme ça ! » Le loup sursauta et gronda devant le ton de ma voix. Mon Salamèche tenta de calmer le jeu d'un petit discours tout en remuant les bras. Cœur battant, je baissai le volume et poursuivis. « Mais… comment peut-on l'aider ? Vous croyez qu'on peut le conduire dans un centre ? Ou à l'académie ? »

Cela ne serait pas facile du tout, et dangereux par dessus le marché… Mais à moins que l'homme parvinsse à le guérir de lui-même, nous n'avions pas d'autres options. Je n'étais qu'une dresseuse inexpérimentée, je n'avais rien d'une infirmière.

Je baissai les yeux vers mon lézard. Il se tenait à bonne distance du Grahyena et reluquait le Goupix doré. Le vent fit crépiter sa flamme. Je croisai les bras sous les assauts du froid, priant pour que la pluie ne s'écrasât pas sur nous. Une averse glacée nuirait grandement à notre cause. Certes, les étoiles brillaient, mais les nuages étaient si vite arrivés… Repoussant mes scénarios catastrophe dans un recoin éloigné de mon esprit, je me concentrai sur le moment présent, attendant l'opinion et les conseils de l'inconnu.



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Douleur partagée [Pv : Tsukimi]
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